Revoir la nuit

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Peintre savoyard du tournant du XXe siècle, François Cachoud a été surnommé « le Corot de la nuit » par la critique parisienne. Peintre de la nuit, il a réalisé une importante production de scènes de vie rurale essentiellement situées dans le bassin du lac d’Aiguebelette (Savoie). Mon travail photographique provient d’une commande de la mairie de Saint-Alban-de-Montbel, village où Cachoud avait choisi de s’implanter et fortement représenté dans ses peintures.

Avec le médium photographique, je me suis donc mis en quête de ce dont la nuit est le signe chez Cachoud, plus que des lieux représentés (dont les vues auraient pu être reconduites). Qu’est-ce qui, aujourd’hui, aurait pu retenir l’attention du peintre et mérite d’attirer la nôtre ? Pourquoi ? Plus que la nuit stricto sensu, ce sont les lumières de transition et le brouillard qui m’ont paru significatifs. Car il y est aussi question d’une mise à distance du paysage et que dans cette distance peut se déployer une rêverie, une lecture méditative et poétique d’un espace à rebours de la carte postale.