Iconique – Art sacré

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« Les œuvres d’art les plus anciennes, nous le savons, sont nées pour servir un rituel, d’abord magique, puis religieux. Il est alors d’une importance décisive que ce mode d’existence auratique de l’œuvre d’art ne soit jamais totalement détaché de sa fonction rituelle. » (Walter Benjamin. L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique. IV)

L’art sacré, c’est d’abord, pour moi, la recherche d’une forme à prêter au mystère. L’artiste s’en remet à l’absolu, vers lequel il tend son geste tout autant qu’il le motive. Dans la conception d’un espace qui se veut « sacré », autant que dans la facture des objets et des œuvres qui l’habitent, se trouve balisée la trajectoire d’une transcendance. Ici, l’œuvre appartient au régime de l’art, elle est d’art, mais également tout entière versée à accompagner un cheminement spirituel et à s’humilier devant l’horizon de sens qui la justifie.
Telle est tout du moins la vision que j’en ai. Car en photographie, c’est précisément ce caractère transitif de l’art sacré qui m’intéresse, qui invite à rebattre les cartes d’une approche centrée sur l’objet en faveur d’une approche tournée vers les relations. Envisager l’art sacré en photographie, c’est donc, pour moi, considérer le réseau des relations qui le font exister, dans l’aménagement de l’espace et dans les pratiques (liturgie). Rendre compte, en images, de ce voyage du sens dans – et entre – les formes qu’on lui a données. Faire des images d’images.